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REPÈRES : Aperçus sur le développement économique et humain dans le monde arabe – Sommaire

LA CRISE DE L’EAU AU YÉMEN

Sarah Morsi

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Résumé

Le Yémen n’est pas seulement l’un des pays les moins développés de la planète, classé 142ème sur 182 pays par le PNUD en raison de son IDH (Indice de Développement Humain), c’est aussi l’un des 10 pays du monde les plus pauvres en eau. Bien qu’il ne s’agisse pas de l’unique pays à connaître une situation de stress hydrique, le taux d’épuisement des ressources aquifères est tel que Sana’a, la capitale, se trouvera à court d’eau d’ici dix ans d’après les estimations du Ministère de l’Eau. Ainsi, le conflit à Sa’ada au Nord et les mouvements politiques au Sud ne constituent pas l’unique face de la crise que traverse le pays. La crise de l’eau, peut-être moins apparente, comporte également son lot de menaces et risque fort de compromettre le développement du Yémen.

Cet article a pour objet de dresser un état actuel des ressources en eau au niveau national, d’analyser les causes du stress hydrique accru pour, enfin, envisager les politiques aptes à favoriser une meilleure gestion de l’eau.

Abstract

Yemen is not only among the least developed countries in the world, ranked 142th out of 182 countries by the UNDP based on its Human Development Index, it also counts among the ten poorest country of the world as far as water is concerned. Even though Yemen is not the only country in a situation of hydric stress, the rate of depletion of aquifer resources is such that Sana’a, the capital, will run out of water within ten years from now based on the Ministry of Water and Environment’s own estimations. Thus, the war in Sa’ada and the political opposition in the South do not constitute the only aspect of the crisis Yemen is going through. The water crisis, maybe less visible, also involves threats and compromises the development of the country.

This article aims at establishing a broad picture of the state of the water resources at the national level, analyzing the causes of the increasing hydric stress in order to suggest policies able to foster a better management of water in Yemen.

ÉMIGRATION ET POLITIQUE DES ÉMIGRÉS AU MAROC. Du dépassement de l’Etat « proxénète » à la mise en place de l’Etat « paternaliste » : pérenniser l’allégeance, orienter l’investissement et « désamorcer » la contestation

Youssef Benkirane

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Résumé

Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont été, progressivement depuis les années 1990, l’objet d’une politisation graduelle qui les a portés en haut de l’agenda politique. Trois temps peuvent être isolés dans les relations entre l’Etat marocain et ses émigrés. Des années 1960 à la fin des années 1980, l’Etat marocain jouait un rôle de « proxénète », dispensant sa main-d’oeuvre aux clients européens, récoltant sa « comptée » et gardant un contrôle coercitif, voire répressif sur ses ressortissants. Les années 1990 ouvrent une nouvelle période où l’émigration qui s’intensifie et se diversifie se soustrait au contrôle de l’Etat en même temps qu’elle devient porteuse d’enjeux importants en matière culturelle et économique. Durant cette décennie, l’Etat marocain a pu paraître absent ou pour le moins dépassé par une dynamique sur laquelle il perdit le contrôle. Au dépassement de l’Etat dans les années 1990 répond son redéploiement dans les années 2000 grâce à la mise en place d’une stratégie « paternaliste » consistant à renforcer les liens culturels et économiques des émigrés avec leur pays d’origine, et « désamorcer » en filigrane la constitution d’un champ externe de contestation politique.

Cet article se propose d’étudier ces trois temps des rapports entre les émigrés et l’Etat marocain et plus précisément les développements qui ont eu lieu ces dernières années et qui marquent un tournant décisif.

Abstract

Since the 1990s, Moroccans resident abroad (MRE) have progressively been the object of a gradual politicisation that brought them up to the top of the political agenda. The relationship between the Moroccan state and its migrants can be divided in three periods. From the 1960s to the late 1980s, the Moroccan state acted as a “procurer”, selling its workforce to European clients and collecting the money. Still it kept a coercive political control over its nationals. With the beginning of the 1990s came a new era with the increase and diversification of immigration that escaped from the power of the state. At the same time, immigration appeared as carrying important cultural and economical stakes. During this decade the Moroccan state seemed absent or at least not being able to control this dynamic. To the overtaking of the state in the 1990s echoes its redeployment in the 2000s thanks to the implementation of a “paternalistic” strategy. This strategy consists of strengthening the migrants’ cultural and economic links with their country of origin and “defusing” the building of an external field of protest.

This article offers to study these three important periods and more precisely the developments that occurred recently and that marked a decisive turn in this relationship.

Le phénomène de la corruption en Algérie. Etat des lieux des analyses sur la question par Hanifa Touag

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Le phénomène de la corruption en Algérie. Etat des lieux des analyses sur la question.

Article (texte intégral)

L’encre ne finit de couler sur la corruption en Algérie : des pamphlets dénonçant les abus d’autorité des petits fonctionnaires aux études des institutions qui contribuent à l’expansion du phénomène, la corruption suscite un intérêt politique et social de plus en plus vif, redoublé récemment par la révélation des scandales politico-financiers de la Sonatrach, l’entreprise publique qui détient un rôle est majeur dans l’exploitation du pétrole. Le sujet s’est à ce point immiscé dans les débats publics qu’il en est devenu un instrument de disqualification politique. Ainsi, certains opposants au régime en place ont fait l’objet de soupçons – selon leurs propos, infondés- de corruption. La banalisation du thème de la corruption n’est pas nécessairement synonyme de clarification du concept, ni d’ouverture politique. Un détour par ce qui se dit et ce qui s’écrit sur la corruption est nécessaire pour comprendre la corruption au-delà de son instrumentalisation.
Or, dans la vaste littérature sur le phénomène corruptif en Algérie, les définitions sont loin de converger. Il existe des lectures concurrentes de la corruption, qui insistent sur des mécanismes et des leviers différents. Certaines lectures se focalisent sur les motivations strictement économiques et, à l’intérieur de cette corruption économique, elles distinguent une « petite » et une « grande » corruption (cité par Olivier Vallée, p.139). D’autres s’attachent à relever les pratiques quotidiennes de certaines administrations publiques locales, comme l’exigence de pots-de-vin pour l’accomplissement du moindre office de service public (délivrance d’un document d’état civil, par exemple). Enfin, la sociologie des réseaux a désindividualisé la corruption, en s’intéressant surtout aux réseaux interpersonnels et clientélaires mobilisés pour corrompre et inhérents aux Etats. Ces approches de la corruption – par l’économie, le social ou le politique- se sont progressivement constituées en modèle d’intelligibilité du phénomène, parfois de façon complémentaire, mais aussi de façon exclusive. Au lendemain de la Guerre Froide, certains discours sur la corruption, notamment économique-néolibéraux, ont fait florès et se sont progressivement imposés. Leur importance dépasse le champ du simple débat rhétorique puisqu’ils ont contribué à orienter de manière significative les « réformes » économiques entreprises en 1991.
Nous nous proposons d’examiner, plutôt que la corruption en elle-même, les approches de la corruption en tant que telles. Quelles lectures de la corruption ont été privilégiées depuis l’identification du phénomène, et pourquoi ? Contribuent-elles à impulser un changement ou, au contraire, à légitimer l’ordre de la corruption ? Cet examen mettra en lumière les présupposés sous-jacents aux analyses de la corruption. Il est également l’occasion d’un modeste état des lieux sur les recherches en la matière, notamment en science politique et en sociologie.
Nous avons repéré trois entrées récurrentes dans la littérature sur la corruption en Algérie. La première aborde la corruption au niveau des processus économiques. Elle mobilise principalement deux thèses : celle de la « transition inachevée » et celle de la « malédiction des ressources » dans un Etat rentier (cité par Hachemaoui). La deuxième approche, dite institutionnaliste, étudie les structures d’accaparement abusif des richesses et du pouvoir au fondement du système politique algérien. Enfin, nous nous intéresserons aux approches sociologiques de la corruption qui, bien que travaillées au niveau théorique par Sardan, ont été sous-exploitées dans le cas de l’Algérie.
Comme point de départ de cet état des lieux de la littérature, nous retiendrons une définition neutre et générale de la corruption proposée par Cécile Joly, qui « peut (dès lors) être considérée comme l’abus d’une position dominante ou monopolistique, la rétribution physique ou symbolique de l’intervention » (Cécile Joly, p.112).

I. L’approche économique

La première lecture de la corruption est d’orientation économique : elle repose sur la dénonciation systématique des monopoles économiques. La corruption résulterait de la collectivisation des moyens de production et de la limitation de la concurrence mises en place par le régime socialiste au lendemain de la guerre d’indépendance. Aussi, pour éradiquer la corruption, il faudrait détruire tous les monopoles de l’Etat qui seraient sources de rentes et donc, libéraliser l’économie. Ce raisonnement, qui place la rupture avec l’économie de marché au cœur du phénomène corruptif, est celui des réformateurs des années 1990 et des organisations internationales telles l’Organisation Mondiale du Commerce (O.M.C) ou le Fonds Monétaire International (F.M.I) , acquis au dogme néolibéral. Il faut dire que le Front de Libération National (F.L.N), comme la plupart des régimes postcoloniaux (Sardan, p.107), a, avec sa gestion centralisée de l’économie après l’indépendance, largement accrédité ce genre de vision : en se réappropriant de manière discrétionnaire et exclusive tous les biens laissés vacants par les anciens colons (Cécile Joly, ) et en octroyant les crédits à quelques privilégiés malgré la nationalisation du système bancaire, le parti au pouvoir a associé ipso facto socialisme et néopatrimonialisme . Rien de surprenant donc, que les libéraux opposent fermement au socialisme du FLN ce que Cartier-Bresson a résumé dans « la libération de l’énergie créatrice des entreprises privées et la fin de l’Etat bureaucratique, despotique et corrompu responsable de tous les maux précédents ». (Cartier Bresson, p.582).
Portée par des circonstances historiques favorables , la vision néolibérale de la corruption a progressivement dépassé le champ du pur économique pour définir des stratégies politiques. En effet, si la corruption est un mal directement imputable à l’Etat, l’action politique doit se réduire à s’auto-limiter. Quelques décennies après les débuts de l’ « infitah » et les prérogatives de l’Etat réduites à la portion congrue, la persistance de la corruption serait due, cette fois, à une « transition inachevée » : au lieu d’amener à dénoncer les effets pervers de la logique libérale, le constat de l’aggravation du phénomène corruptif doit inciter à poursuivre la désétatisation (Salama et Valier, cité par Cartier Bresson p.582) jusqu’à, peut-être, la disparition de l’Etat lui-même.
La thèse de la « transition inachevée » comporte des biais aisément identifiables. D’une part, la lutte contre la corruption, loin d’être une fin en soi, fournit un prétexte pour renforcer les thèses anti-étatiques. Les trois séquences d’approfondissement de la logique libérale (Talahite, p.11), faites d’ouvertures incontrôlées et de réductions des effectifs dans les domaines de l’éducation et de la santé, ont contribué à saper en profondeur la confiance dans l’Etat algérien. D’autre part, on peut légitimement se demander si la libéralisation de l’économie a pu faire émerger une bourgeoisie algérienne entrepreneuriale diversifiée, à défaut d’avoir enrayé la corruption. Or, il n’en a rien été : les monopoles d’Etat ont cédé la place à des oligopoles privés, en contradiction parfaite avec le principe libéral de la libre concurrence. Le néolibéralisme, ardemment défendu dans les réformes de 1991, s’est avéré générer les mêmes rentes économiques que le socialisme.

Corrélée à la précédente, la thèse de la « malédiction des ressources », plus communément appelée celle de l’Etat rentier (Mahdavy 1970, Luciani 1987), a largement été relayée par le monde médiatique. Elle consiste à affirmer que les rentes naturelles, issues de l’exploitation des gisements gaziers et pétroliers, constituent des sources de corruption pour l’Etat qui les perçoit. Dans le cas de l’Algérie, elles auraient fortement encouragé les acteurs politiques à en faire un usage néopatrimonial dans le but d’acheter la paix sociale, à moindre coût démocratique. Par ailleurs, l’exploitation de l’ « or noir » n’inciterait pas à diversifier la production intérieure, et exonère l’Etat algérien de toute politique d’industrialisation. Cette thèse dénote un fatalisme certain : l’abondance des ressources encouragerait nécessairement une concentration des pouvoirs. Plusieurs ouvrages d’essayistes indépendants (journalistes, anciens fonctionnaires ou hommes d’Etat) sont allés dans ce sens. La presse, même dite d’opposition, a donné du crédit à la « la malédiction du pétrole ». Le consensus sur la responsabilité du pétrole a également contaminé certains travaux académiques . Cette thèse se dément dès lors qu’on tourne le regard vers d’autres Etats, comme la Bolivie, où l’exploitation des ressources naturelles ne contredit pas la continuité du régime démocratique .
En outre, les analyses économiques de la corruption ont conduit à une impasse autant intellectuelle que politique. D’un point de vue théorique, la répugnance des économistes libéraux pour ce qu’ils nomment « l’idéologie interventionniste » a poussé ces derniers à dédiaboliser la corruption, voire à la normaliser. Huntington voyait dans la corruption un « lubrifiant », Bayley un « solvant » et McMullan un « emollient » (Cartier-Bresson, p. 589), susceptible de résoudre les tensions dans une société. D’un point de vue politique, une telle posture revient à accepter la corruption comme un fait inévitable, inhérent à toutes les sociétés. Or, les approches qui vont suivre (institutionnaliste et sociologique) tentent, au contraire, de sortir du déterminisme économique, en posant notamment le problème du manque de « garde-fous » institutionnels et juridiques.

II. L’approche institutionnaliste, juridique et sociologique

L’approche dite institutionnaliste de la corruption s’intéresse aux institutions politiques. Elle met en exergue deux problèmes, qui ne sont contradictoires qu’en apparence : l’absence d’institution pérenne d’une part, la pénétration des institutions par des groupes d’intérêts privés d’autre part. Premièrement, la corruption prospère sur un mouvement historique d’affaiblissement de la société civile algérienne (et donc, une quasi-absence institutionnelle de société civile). La lutte pour l’indépendance dans les années 1950 et 1960 aurait mis à mal le champ associatif algérien en en réduisant la diversité ; l’avènement d’un régime de parti unique, à l’indépendance, incompatible avec le principe de pluralisme politique, et le contrôle politique permanent sur la société civile achèveront de limiter l’influence de cette dernière dans l’espace public. Deuxièmement, l’Etat algérien, pénétré qu’il est par des groupes d’intérêts privés, ne peut exercer sa puissance publique en toute neutralité. Parmi les groupes exerçant une forme de prédation sur les biens publics, l’armée a une place toute particulière, compte tenu de son rôle dans la libération nationale. Dans une thèse consacrée à l’autoritarisme en Algérie, Hachemaoui retrace la généalogie du pouvoir prétorien , en montrant le lien étroit qu’il entretient avec les régimes politiques qui se sont succédé depuis 1962. Le rôle de l’armée ne se limite pas au conseil politique : il est structurant du système corrupteur dans la mesure où il contribue à une non-distribution des pouvoirs. Aussi, le pouvoir judiciaire est à ce point dépendant du système politique – lui-même inféodé à l’armée – que le manque de transparence des décisions rendues est, pour ainsi dire, une règle du système judiciaire. Ces carences institutionnelles assorties de la mainmise des groupes privés pèsent lourdement sur la responsabilité des agents politiques, puisqu’en définitive, les élites politiques ne sont pas tenus de rendre des comptes, pendant et après leur mandat. Dans un tel contexte de déliquescence de l’Etat, le déclenchement de la guerre civile en 1991 ne pouvait que renforcer l’ordre de la corruption, de la plus grande à la petite échelle sociale. Ainsi, comme le souligne Cécile Joly, l’appauvrissement de la population, générée par une décennie sanglante, « incite à monnayer toute position. Comme ailleurs dans le monde, la « petite » corruption (…) constitue, par exemple, un complément de revenu pour un fonctionnaire mal payé » (Cécile Joly, p.117).
En situant la corruption dans son contexte historique et politique, les analyses institutionnalistes redéfinissent la causalité du phénomène corruptif. La rente économique et la mauvaise gestion de la rente naturelle ne sont alors que les dimensions apparentes de la corruption, ce qui découle d’un ordre corruptif et non ce qui le produit et le conditionne. On peut dire que l’approche institutionnaliste a ouvert un chantier considérable de révision de la lecture économique. Tout d’abord, dans le domaine juridique, la coexistence de plusieurs systèmes normatifs (J-P-O de Sardan, p. 99) – hérités des périodes ottomane et française – explique en partie le manque d’iniquité du système judiciaire : le flou normatif qui en résulte entretient une très large confusion sur les droits et les devoirs qui ne sont pas clairement établis. Le droit de la propriété fournit un exemple éloquent puisque, « bien qu’étant garantie par la constitution de 1989, (la propriété) ne repose sur aucune règle fiable. Des droits de propriété concurrents, hérités de la période ottomane, de la colonisation ou de la période récente se font face. Sans parler de toute la période de l’indépendance à la fin des années 80 où les transactions n’ont pas été enregistrées (la propriété privée n’étant pas reconnue), laissant place à toutes les appropriations et spoliations de la part des détenteurs du pouvoir et de leurs proches » (Cécile Joly, p. 115).

Outre l’héritage juridique, les puissances coloniales, comme dans la plupart des pays anciennement colonisés, ont aussi laissé quelques habitudes corruptives qu’il conviendrait de mettre en lumière dans une sociologie historique des comportements. Parce qu’elle est aujourd’hui intériorisée comme « normale » dans le comportements de tous les acteurs publics, économiques et privés (Cécile Joly, p. 119), la corruption s’est muée en « complexe de la corruption » (J-P-O de Sardan, p. 99) qui structure les formes de l’agir quotidien. Dans leur étude monographique de la communauté urbaine d’Annaba Nadji Kakoua et Lucretia Mariana Constantinescu analyse la corruption en tant que triple phénomène (économique, institutionnel et social), ainsi que la répartition des ressources liées à la corruption.

Le rent-seeking : la poule ou l’œuf de la corruption ?

En conclusion, si une cause économique peut être recherchée dans le développement de la corruption, elle serait moins dans la rente économique ou naturelle qui inciterait les Algériens – pas plus enclins que d’autres peuples – à en faire un usage abusif et monopolistique, mais bien dans la banqueroute économique de l’Etat. La notion de rent-seeking ( « recherche de rente ») a permis d’éluder un temps la question de la responsabilité du système politique, difficile à soulever tant la remise en question du régime peut être associée mécaniquement à une tentative d’immixtion de la France dans les affaires intérieures algériennes, voire à un complot néocolonial. Un demi-siècle après son indépendance et suite à une crise financière d’ampleur mondiale, l’Etat algérien, miné par une corruption endémique, doit faire à des défis d’ordre politique et économique, au risque de voir sa souveraineté toujours amoindrie.

Bibliographie :

Cécile Jolly, « Les cercles vicieux de la corruption en Algérie », Revue internationale et stratégique, 2001/3 n° 43, p. 112-119.

Djillali Hadjadj, Corruption et démocratie en Algérie, Paris, La Dispute, 2001.

Fatiha Talahite, « Économie administrée, corruption et engrenage de la violence en Algérie », Revue Tiers-Monde, t. XLI, no 161, janvier-mars 2000.

Jean Cartier-Bresson, « Éléments d’analyse pour une économie de la corruption », Revue Tiers- Monde, vol.33, n°131, année 1992, p.581-609.

J.P Olivier de Sardan, « L’économie morale de la corruption en Afrique »,
Politique africaine, n° 63, octobre 1996, pp. 97-116.

Rafik Boukhlia-Hassane et Fatiha Talahite, « Marché du travail, régulation et croissance économique en Algérie », Revue Tiers Monde, 2008/2 n° 194, p. 413-437

 

EGYPT’S OLD AND NEW FORMS OF WESTERNIZATION

Marc Guindi

Résumé

L’Egypte, pays le plus peuplé du monde arabe, jadis modèle de cosmopolitisme et de mélange culturel entre l’Occident et l’Orient, n’a cessé d’osciller entre l’un et l’autre des extrêmes. Si au début du siècle dernier l’Egypte faisait preuve d’une grande ouverture sur l’Occident, il semble qu’aujourd’hui un « retour aux sources » ait été effectué, notamment par l’émergence du fondamentalisme religieux. Comment les valeurs et la culture occidentales ont-elles survécu durant un XXème siècle égyptien tumultueux et comment pourraient-elles se pérenniser ? Lire la suite