TROPHÉES OU ÉPOUVANTAILS, perceptions et utilisations du féminin par les médias et le pouvoir politique : perspectives croisées sur le monde arabe

Coline Houssais et Camille Le Coz

Résumé

Objets privilégiés de l’attention des médias occidentaux qui voient en elles une image glamour de régimes autocratiques traditionnellement peu avenants, les Premières dames du monde arabe sont également un instrument de légitimité de ces derniers. Partiellement responsables de cette mise en scène, ces femmes peinent cependant à se voir reconnaître un statut d’acteur politique à part entière et font l’objet de campagnes de dénigrement systématiques quand elles s’écartent du rôle de figuration qui leur a été attribué.

Abstract

A focus of Western media for the glossy image they give to usually unattractive regimes, the First ladies of the Arab world are also used at home as tools of legitimization for domestic and international purposes. Partly responsible of this political strategy, these women continually fail to gain recognition as actual political actors, or fall under systematic bashing when they dare go beyond their figuration role.

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Dans le contexte actuel de « printemps arabe », les médias occidentaux se délectent du traitement réservé aux Premières dames de la région. Rebaptisées d’un racoleur « Marie-Antoinette du Moyen-Orient » [1], la presse internationale et locale les fustige ou les encense selon la situation et la popularité des régimes auxquels elles sont assimilées.

Bien que partie intégrante du paysage politique depuis plusieurs décennies, ce n’est qu’à partir des années 1980 que les Premières dames acquièrent une visibilité et un rôle véritables [2]. Atout électoral et diplomatique de « charme » ou face noire d’un régime qui tente d’amadouer la communauté internationale, les épouses de dirigeants jouissent d’une attention médiatique qui dépasse souvent leur importance politique.

Si ce phénomène se retrouve dans de nombreux États, les Premières dames des pays arabes bénéficient d’un traitement particulier de la part de la presse occidentale : perles de modernité dans un désert d’archaïsmes, elles mettent gentiment à mal la conception orientaliste d’un féminin soumis et d’un masculin brutal, le tout teinté comme il se doit d’appréciations physiques sur ces princesses des Mille et une nuits du XXIe siècle[3]. Loin d’être l’apanage de certains magazines « people », cette approche médiatique apparaît aussi dans les rubriques « politique » des quotidiens d’information et participe de fait à la construction d’une « communauté imaginée »[4] encouragée par les régimes dont ces Premières dames sont issues.

Pourquoi alors la représentation du politique est-elle si souvent assurée par une image féminine alors que, paradoxalement, les femmes sont très peu représentées en politique ? Quels sont les usages et perceptions qui découlent de cette utilisation ?

Il va sans dire que ce cas d’étude renvoie au rôle primordial qu’occupe le concept de représentation dans la pratique politique. La représentation regroupe trois dimensions : qui représente, qu(o)i est représenté, comment cela est représenté. Si la réponse a déjà été donnée aux deux premières questions, la troisième mérite quelques éclaircissements : le féminin tient dans la symbolisation du politique une place conséquente et précisément définie par une série d’attributs sociaux considérés comme typiquement féminins, à la fois par les sociétés occidentales et arabes.

Il s’agira d’analyser ici comment certains attributs sociaux de genre des épouses de chefs d’État arabes sont utilisés par les régimes pour assurer leur légitimité vis-à-vis de la communauté internationale, et mis en valeur par la presse occidentale (1). Cette symbolique positive peut cependant dériver sur une symbolique négative appréhendée de manière extrêmement violente, lorsque la Première dame sort de ce rôle préétabli et exerce un pouvoir perçu comme sociopolitiquement illégitime (2).

Les Premières dames, l’atout « charme » de légitimation des régimes arabes.

Vues de l’étranger, les épouses des chefs d’État arabes se distinguent singulièrement des représentations traditionnelles de la femme arabe, soumise et voilée. Mises en scène comme les modèles d’une modernité occidentale, elles visent à gagner le soutien des pays du Nord. Ces femmes se présentent comme le gage d’un processus de développement vanté par leurs époux, et la démonstration de la lutte du régime contre le fondamentalisme religieux.

Cette conception de la femme comme marqueur de la modernité n’est pas nouvelle, ni spécifique au monde arabe. Dès la fin du XIXe siècle, l’émancipation des femmes est associée aux mouvements de lutte contre les puissances coloniales. Présentées comme les icônes d’une nation occupée et oppressée, les femmes sont utilisées pour marquer la différence entre les peuples et les cultures (Al-Ali, 2007). Au Proche-Orient, l’émancipation des femmes prônée par l’idéologie des Jeunes Turcs dans les années 1920 symbolise la libération de la nation contre l’occupant ottoman puis français ou britannique[5]. Souffrante, mais glorifiée, la Nation est incarnée dans le roman nationaliste par des personnages féminins[6], et de nombreux auteurs et politiciens contestent alors les instances et la pratique traditionnelles du pouvoir[7].

Bien que cette ouverture ait été de courte durée[8], l’utilisation d’une image féminine pour représenter la modernité demeure dans l’iconographie politique moderne.

L’accession à l’indépendance n’est cependant pas accompagnée de la libération effective des femmes, comme en témoigne la condition des Algériennes après 1962. C’est donc d’abord et avant tout dans le discours que se joue l’instrumentalisation de la représentation des femmes dans la société.

Principale préoccupation des régimes autoritaires arabes, la mise à distance du religieux dans la sphère publique, manifestée par l’absence du voile. Les épouses des dictateurs arabes ne sont en effet pas voilées, à la différence souvent de la plupart de leurs compatriotes. Se jouant de l’obsession occidentale sur le voile, elles témoignent de la dimension séculaire du régime, et donnent à voir un pouvoir prétendument émancipateur. Asma al-Assad, l’épouse du Président syrien insiste ainsi, dans l’article que lui a consacré le magazine Vogue en février 2011, sur sa volonté de faire respecter le principe de laïcité en Syrie.

Par ailleurs, les femmes des chefs d’État arabes suivent la mode occidentale. Leur garde-robe est la démonstration qu’elles partagent les mêmes goûts, les mêmes valeurs que les épouses des chefs d’État occidentaux. Aussi, chaque apparition d’Asma al-Assad est ponctuée d’éloges sur son style, sa classe et son penchant pour le styliste français Christian Louboutin. « Du chic, du chic, encore du chic » commente le magazine Elle, à propos de l’épouse syrienne, en 2008. Dans la même perspective, la reine Rania de Jordanie a été nommée femme de l’année 2010 par le magazine féminin Glamour.

Si elles partagent les tendances des défilés occidentaux, les épouses des autocrates arabes sont également formées aux codes des pays du Nord. La plupart ont suivi leurs études en Europe ou aux États-Unis, comme Asma al-Assad, qui a grandi et étudié à Londres. Elles se présentent par conséquent comme des symboles de modernité, sur un pied d’égalité avec les autres épouses de chefs d’État. Certaines jouent même de l’usage des nouvelles technologies, comme la reine Rania, qui twitte. Les femmes des autocrates arabes usent donc de leur garde-robe et de leur esprit pour donner à voir à l’Occident un pouvoir qui lui ressemble.

Cette stratégie est renforcée par des mises en scène diverses, du romantisme du couple présidentiel par exemple, comme pour apporter une dimension humaine au régime et démontrer que le mariage dans le monde arabe suit les mêmes codes qu’en Occident. Lors d’une visite de Bachar et Asma al-Assad à Paris, en décembre 2010, le magazine Paris Match a ainsi consacré un long article aux époux, intitulé « Deux amoureux à Paris ». « Le président syrien et sa femme se sont offert une escapade amoureuse dans la plus romantique des capitales », commentait le journaliste. « Je l’ai épousé pour les valeurs qu’il incarne et parce que nous nous sentons très proches », explique la première dame syrienne, tout en niant travailler à l’amélioration de l’image publique de son mari. Pour Nadim Houri, chercheur sur la Syrie et le Liban pour Human Rights Watch, il est très clair, au contraire, qu’Asma al-Assad est à l’origine d’« une offensive de charme » du régime baathiste.

Symboles nationaux, les femmes des dictateurs arabes visent à donner une image favorable aux régimes autocratiques, présentés comme des remparts contre le fondamentalisme religieux et soucieux de moderniser leur pays.

Le second ressort de cette stratégie politique consiste à représenter les épouses comme d’inlassables militantes humanitaires. Les régimes jouent ainsi des attributs sociaux traditionnellement associés aux femmes, la compassion et la douceur, pour promouvoir leur propre régime. À cet égard, les femmes des dictateurs arabes reçoivent un traitement médiatique relativement semblable à leurs homologues occidentales.

Le domaine d’engagement des épouses de chefs d’État arabes concerne invariablement le développement économique, les droits des femmes et la protection des enfants. La reine Rania de Jordanie est par exemple engagée dans la Jordan River Foundation, une fondation créée en 1995, dans le but d’améliorer les conditions de vie des femmes et des enfants jordaniens. Asma al-Assad a instauré l’organisation Fund for Integrated Rural Development in Syria, qui soutient le développement économique dans les campagnes syriennes. La doyenne Suzanne Moubarak joue sur un registre sensiblement différent. Oeuvrant principalement pour l’éducation des enfants, par l’intermédiaire de l’association Alam Simsim, elle se montre comme la mère du petit peuple, soucieuse de son bien-être et de sa désaliénation.

Le combat des épouses pour l’émancipation des femmes est par ailleurs très largement plébiscité. En 2009, Asma al-Assad a ainsi reçu le prix de la première femme arabe, au nom du Centre d’études de la participation de la femme arabe. Elle bénéficie de cette image de militante des droits de la femme et est parfois comparée à la princesse Diana. Cette représentation sert les intérêts du régime syrien qui a régulièrement utilisé le ressort de lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes afin d’améliorer son image internationale. Déjà, l’article 12 de la Constitution du parti Baath du 17 juin 1947 stipulait que : « La femme arabe jouit de l’intégralité des droits civiques, et le parti lutte en vue d’élever son niveau pour l’en rendre capable. » En 2005, le Xe Congrès du parti a décidé que les femmes constitueraient désormais 25 % des effectifs baathistes, au minimum. Si cette mesure n’a pas été tout à fait appliquée, elle manifeste bien l’engagement du régime dans une rhétorique égalitariste.

L’activisme de ces organisations a un effet variable sur le plan intérieur. Il a pour constante de rendre partout présent l’appareil de l’État. L’engagement des premières dames arabes a aussi un rôle de diplomatie publique. Du fait de leurs mobilisations, elles sont conviées à divers forums internationaux sur des questions humanitaires et représentent leur pays comme progressiste. Les épouses parviennent par ailleurs à capter des fonds internationaux. Par exemple, les relations de l’épouse du Président syrienne lui ont permis de réunir des financements pour soutenir les projets de ses associations.

Cet engagement des femmes de chefs d’État arabes vise donc à légitimer leurs époux sur la scène intérieure comme sur le plan international, en conférant un visage humain à un régime arbitraire et violent. Cette stratégie est d’autant plus efficace qu’elle joue des codes traditionnels sur la place de la femme dans la société. En d’autres termes, les femmes des dictateurs arabes assument une fonction politique, mais de façon indirecte, en démontrant leur sensibilité et leur affection pour leur peuple.

Globalement, c’est donc une impression positive qui se dégage de l’utilisation du féminin dans la stratégie de représentation du régime. La Première dame, dont les attributions sont bien définies (femme moderne, mère de famille, activiste humanitaire) prête au régime, essentiellement masculin, des caractéristiques considérées comme féminines telles que la douceur, l’altruisme, l’instinct maternel. Symbole de régimes désormais tournés vers la modernité, le féminin n’est donc ici qu’un objet, et non un sujet. En effet, l’emphase de la communication officielle et des commentateurs politiques mise sur l’aspect extérieur des Premières dames, et si leur engagement humanitaire est mentionné, peu de cas sont faits en réalité sur la substance et les résultats de cet engagement.

La femme, un homme politique pas comme les autres ?

En revanche, le féminin jouit d’une image radicalement différente lorsqu’il est associé de manière active et non plus passive à la gestion des affaires de l’État. Ainsi lorsque les femmes de dirigeants dépassent ce rôle préconçu d’une certaine représentation du régime et s’impliquent véritablement en politique, elles font l’objet d’attaques et de campagnes de dénigrement extrêmement virulentes. A contrario, le comportement de certaines figures publiques masculines dans des contextes similaires n’est pas aussi fermement condamné. Le féminin dans la sphère publique est donc soit sanctifié, soit démonisé, sans entre-deux possible.

Le cas de Leïla Trabelsi dont la famille a mis la Tunisie en coupe réglée par le détournement de fonds publics, l’expropriation de terres et d’entreprises et des pratiques ouvertement mafieuses en est l’exemple le plus flagrant. En Jordanie, le mécontentement populaire (essentiellement issu des couches bédouines de la population cependant) envers Rania a pour cause son intervention croissante dans les affaires politiques du royaume. D’origine palestinienne, elle a été accusée à plusieurs reprises d’avoir influencé son époux sur des dossiers de naturalisation de réfugiés palestiniens, au grand dam du reste de la population.  La question n’est pas ici de juger de la légitimité et du bien-fondé de cette implication, mais de s’interroger sur le changement des attributs sociaux des Premières dames.

Plusieurs raisons sont à invoquer pour expliquer ce comportement. Tout d’abord, une attitude prédatrice va à l’encontre de l’image maternelle et pure qui est accolée à la femme en politique. Le « salto du stigmate » décrit par Achin et Paoletti[9] explique ce phénomène : la politique étant largement dominée par des hommes, la corruption et l’inefficacité de certains systèmes politiques deviennent un attribut masculin. Par opposition, l’action menée par une femme en politique paraît davantage digne de confiance[10], notamment dans un contexte de crise. Pour l’inconscient collectif, une femme, donc une mère ne peut donner l’image d’un individu manipulateur, mauvais, voleur. On voit là une vision réductrice du féminin dans la politique, qui reste cantonnée à la représentation des caractéristiques énoncées précédemment.

Le consumérisme de produits de luxe (occidentaux le plus souvent) par les Premières dames est systématiquement mis en avant par la presse. Vu comme un gage de modernité -voire comme la preuve d’une certaine « civilisation » d’un « autre » non occidental par l’affichage des gri-gris sacrés de « l’élégance à la française » (Asma Al-Assad et ses Louboutin)-, ce consumérisme privilégie encore l’apparence au détriment du fond. L’image qui est donnée par l’opinion publique et les médias des frasques célèbres de certaines femmes de dirigeants participe de la même logique et contribue à la construction, par des anecdotes prenant des allures de mythe, d’une conception du féminin associé au pouvoir comme futile, matérialiste, incapable de raison et par conséquent inapte à gouverner donc à dissocier des affaires politiques du pays [11]. Les exemples pullulent dans le monde arabe, du jet privé allant spécialement chercher de la crème glacée à Saint-Tropez pour Leïla Trabelsi aux caprices de Khadija Moubarak (belle-fille du président déchu) en passant par la fastueuse et critiquée fête d’anniversaire de Rania de Jordanie, et au-delà :Michelle Duvalier demandant l’aménagement d’une salle climatisée dans son palais de Port-au-Prince pour y porter ses manteaux de fourrure, Imelda Marcos et ses légendaires 3000 paires de chaussures.

Ici encore, l’intérêt de cette observation réside non pas dans la légitimité d’un tel comportement, mais dans la construction d’une image caricaturale opérée par l’opinion publique et fortement influencée par des considérations fixes sur les valeurs que doit représenter chaque genre. Le ressentiment exprimé par l’opinion publique domestique est particulièrement virulent chez les femmes. En effet, ces dernières attendent qu’une femme, mère de surcroît, ait un sens de la responsabilité plus important et puisse exprimer une certaine solidarité avec elles sur les difficultés de gérer un foyer.

La conduite de certaines femmes de dirigeants fait voler en éclat l’image très en vogue dans les politiques de développement dans les pays du Tiers-monde d’un féminin responsable et à même de gérer le budget familial en opposition à un masculin caractérisé par un manque de fiabilité, de sens de la responsabilité familiale et par une propension à dilapider le salaire mensuel dans les jeux ou l’alcool [12]. Une fois de plus, le féminin est cantonné à certains comportements, et la violation de cette vision sacrée attire d’autant plus les critiques qu’elle est communément admise par la majorité des sociétés.

De manière très intéressante, cette diabolisation du féminin dans le politique lorsqu’il ne correspond pas à l’image qui lui est donnée est très utile en situation de contestation interne. Tout d’abord, elle permet à l’opinion publique qui n’a souvent pas le droit de s’attaquer légalement à la personne du roi ou du président d’exprimer de manière détournée ses griefs sur la personne de sa femme. La lettre adressée par les représentants des principales tribus bédouines de Jordanie au roi Abdallah, qui fustigeait le comportement de la reine Rania, en est un exemple récent[13].

En effet, l’interdiction de critiquer la femme du dirigeant, fut-elle reine ou simplement Première dame est le plus souvent coutumière et ne peut donc faire l’objet d’une répression systématique de la part du régime.  Mais cette focalisation sur le prétendu caractère démoniaque (défini de manière différente selon les contextes) de la Première dame permet également le développement d’une rhétorique de communication orchestrée directement ou indirectement par le pouvoir, qui laisse entendre que le dirigeant n’est pas responsable des problèmes qui lui sont reprochés, mais qu’il est simplement mal entouré et trop influencé par sa femme.

Cette stratégie est visible dans le cas tunisien, mais également en Côte d’Ivoire, où dans les dernières heures du « règne » de Laurent Gbagbo la presse attribuait à Simone la totalité des échecs politiques de son mari.

Cette utilisation du féminin pour représenter le politique et les attributs sociaux qui lui sont accolés n’est pas l’apanage des sociétés arabes. Au contraire, en France et dans une grande partie des médias européens, la femme est plus présente en politique en tant que représentation de celle-ci qu’en tant que sujet. Si le combat acharné que se sont livré les médias pour commenter les tenues portées par Letzia d’Espagne et Carla Bruni-Sarkozy lors de la visite du couple présidentiel français en Espagne en avril 2009 peut faire sourire [14], la focalisation systématique sur l’apparence physique de certaines responsables féminines est clairement une mauvaise habitude dont il faut se défaire.


[1] Malone N. « Les Marie-Antoinette du Moyen-Orient », Slate.fr, 31 mars 2011 (article accompagné d’un portfolio commenté) ; Sieghart, M.A. « Queen’s Gambit », The Spectator (édition électronique), 5 mars 2011.

[2] Ducret, D. (2011), Femmes de dictateurs, Paris : Perrin.

[3] L’Orient fantasmé, aussi barbare qu’il soit n’en est pas moins sensuel et les escarpins Louboutins et autres tailleurs Chanel ont remplacé les riches étoffes damassées et les lourdes parures de bijoux. Pour une analyse plus profonde de l’orientalisme, lire Saïd, E. (1979) L’Orientalisme.

[4] Pour reprendre la terminologie employée par Anderson (Anderson, B. (1994), Imagined Communities).

[5] Leyla Dakhli « Beyrouth-Damas, 1928 : voile et dévoilement », in Dakhli and Latte Abdallah, 2010.

[6] Se référer par exemple à “al-Arwāh al-mutamarrida” de Jibrān Khalīl Jibrān (1908).

[7] Se référer par exemple à “Al-sufûr wa-l-hijâb” de Nazîra Zayn al-Dîn (1928).

[8] Biais de cette période de lutte pour l’indépendance, les femmes devinrent également pour divers mouvements politiques religieux et nationalistes un symbole d’intégrité et de protection de la vertu du groupe et de l’identité traditionnelle, par opposition aux influences étrangères.

[9] Achin, C., Paoletti, M. (2003), “Genres et listes aux élections municipales de 2001 : le salto du stigmate”, Politixjanv. 2003, “La parité en pratiques”, No 60, pp. 33-54. Pour être plus précise, la maternité du concept n’échoit pas à Achin et Paoletti mais ces dernières l’ont appliqué à l’étude du genre.

[10] Marteu, E. (2010), « Compléments ou alternatives ?  Associations de femmes et partis  politiques arabes palestiniens en Israël », Le Mouvement social, avril-juin 2010.

[11] Betts, H. “Leïla Trabelsi:  Imelda Marcos of the Arab world”, The Telegraph, 19 janvier 2011.

[12] Cette représentation du masculin, notamment dans les pays en voie de développement, fait la joie des nouvelles de politiques de développement axées sur la prise de pouvoir -personnel, social, politique, économique- des femmes.

[13] Zecchni, L. “Beduin tribes accuse Jordan’s Queen Rania of corruption”, Guardian Weekly, 15 février 2011.

[14] Le rôle de la Première dame étant purement protocolaire en France.

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Bibliographie :

  • Achin, C., Paoletti, M. (2003), « Genres et listes aux élections municipales de 2001 : le salto du stigmate”, Politix, janv. 2003, “La parité en pratiques”, No 60, pp. 33 54.
  • Anderson, B. (1994), Imagined Communities.
  • Ducret, D. (2011), Femmes de dictateurs, Paris : Perrin.
  • Dakhli, L. (2010), Beyrouth Damas, 1928 : voile et dévoilement
  • Khalil Jubran, J. (1908), al Arwāh Al mutamarrida.
  • Marteu, E. (2010), « Compléments ou alternatives ? Associations de femmes et partis politiques arabes palestiniens en Israël », Le Mouvement social, avril-juin 2010.
  • Saïd, E. (1979) Orientalism.
  • Zayn al Dîn, N. (1928), Al sufûr wal hijâb.

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