VENI, VIDI, VICI : LA VICTOIRE DU PARTI AUTHENTICITÉ ET MODERNITÉ AUX ÉLECTIONS COMMUNALES MAROCAINES DE 2009

Bahia El Oddi et Romain Ferrali,
en collaboration avec Youssef Benkirane

Résumé

Le PAM, couronnement d’une structuration progressive, regroupe trois profils idéaltypiques au sein d’une structure autoritaire. Cette structure permet la domination de deux d’entre eux, les « gauchistes » et les « démocrates makhzéniens » sur le troisième, les « politiques ». La composition du parti, combinée à son discours, en correspondance totale avec l’agenda monarchique, montre que le PAM est un parti makhzénien, qui regroupe tout ce que l’élite politique marocaine compte de monarchiste. Le PAM est donc un « parti faire-valoir », sa proximité d’avec le palais apparaissant à ses membres comme le moyen de saisir la reconnaissance et les faveurs du pouvoir, ainsi que de défendre leurs intérêts économiques. D’autre part, le PAM parvient très vite à dominer le champ partisan. Son succès se fait aux dépens des vieux partis makhzéniens (MP, RNI) et fragilise la majorité. Ennemi des partis, il part seul à la conquête du pouvoir. Enfin, son succès électoral, certain, est la résultante de facteurs très classiques : parti rural, le PAM est fortement avantagé par le mode de scrutin. Avec le soutien constant de l’appareil administratif et des méthodes de campagne modernes, il fait de sa proximité avec le Palais un élément central de sa campagne. Ceci séduit l’électeur rationnel qui, dans le cadre de la monarchie exécutive, vote pour le parti qui est le plus capable d’influer sur l’action publique.

Abstract

As the coronation of progressive structuring, the PAM combines three ideal-typical profiles within an authoritarian structure. This structure enables the domination of two of them, the “leftists” and the “makhzenian democrats”, over the third, the “politicians”. The party’s composition, combined with its discourse, in total correspondence with the monarchical agenda, shows that the PAM is a makhzenian party that aggregates everything the Moroccan political elite holds as monarchist. The PAM is therefore a “foil party”, its proximity to the palace appearing to its members as the means to gain the regime’s recognition and favors, as well as to defend its economic interests. On the other hand, the PAM is quickly dominating the partisan camp. Its success is built on the ruins of old makhzenian parties (MP, RNI) and weakens the majority. As the enemy of parties, the PAM is alone in its road towards political conquest. Finally, its certain electoral success is the result of very classical factors: as a rural party, the PAM takes high advantage of the voting system. With the constant support of the administrative apparatus and of modern methods of campaigning, it holds its proximity to the Palace as a central element in its campaign. This seduces the rational voter who, within an executive monarchy, votes for the party that is most able to influence public action.

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