RÉFLEXIONS SUR LA SCÈNE POLITIQUE ÉGYPTIENNE – Entretien avec Amr Al-Chobaki (extrait de Tingis)

Youssef et Karim El Chazli

Avant-propos

L’entretien suivant est extrait de la revue Tingis, revue en ligne spécialisée dans l’étude du Moyen-Orient et du monde turco-iranien, publiée par des étudiants du Premier cycle Moyen-Orient Méditerranée de l’IEP de Paris à Menton.

La revue Tingis, lancée et dirigée par Sélim Smaoui en 2006-2007, étudiant au Premier cycle de Menton (actuellement en deuxième année du Master recherche Politique comparée, spécialité Monde musulman de l’IEP de Paris), se proposait de recueillir des entretiens avec des chercheurs, doctorants ou experts de la région et ainsi de présenter des synthèses à mi-chemin entre la vulgarisation et la recherche académique. Ayant été lancée dans le cadre d’un projet collectif de l’IEP de Paris, le départ à l’étranger de la majorité des étudiants impliqués y a mis fin prématurément.

* * *

Amr Al-Chobaki est docteur en sciences politiques à la Sorbonne (Paris I – Panthéon). Il a rédigé une thèse sur les Frères musulmans en Egypte. Il est chercheur au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques d’Al-Ahram au Caire depuis plus de vingt ans. Il a participé à la rédaction de plusieurs rapports stratégiques et politiques sur le monde arabe. Il est notamment chroniqueur politique dans le journal indépendant Al-Masri Al-Youm.

Les élections de l’année 2005 ont mis en exergue l’affaiblissement et l’instabilité du régime égyptien. Le pouvoir d’Hosni Moubarak (Président depuis 1981) n’a cessé de déchoir. Il se retrouve aujourd’hui à la tête d’un Etat politiquement et institutionnellement malade. Les forces d’opposition légales sont quasiment inactives et ne présentent aucun contrepoids pour le parti au pouvoir. La seule force qui a réussi à s’imposer sur la scène politique est une force interdite par la loi, mais cependant tolérée par le pouvoir : en l’occurrence, les Frères musulmans. L’année 2005-2006 a été le témoin d’une dégradation sans précédent des services publics. Dégradation observée dans le domaine de la santé, des transports et de l’éducation, entre autres. En ce début d’année 2007, on commence à observer des phénomènes nouveaux : des manifestations anarchiques et chaotiques sont organisées spontanément sans aucune base idéologique – syndicale ou partisane -. On se retrouve face à des mouvements contestataires et réactionnaires désorientés, ayant la volonté d’exprimer leur mécontentement mais sans vraiment savoir comment.

Nous avons souhaité interroger M. Al-Chobaki sur certaines questions qui nous semblaient tourner autour de ce déclin de l’organisation politique égyptienne et de ses conséquences.(…)

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